1. Edito du Père Roger

Pâques, chemin de paix

« La paix soit avec vous » (Jn 20,19).Tels sont les premiers mots du ressuscité que la Tradition de l’Eglise catholique a d’ailleurs retenus comme formule de salutation liturgique épiscopale. Mais l’actualité nous donne à contempler l’absence de paix qui est comme l’unique présence permanente. Il ne faut pas chercher assez loin, pour voir combien notre monde d’aujourd’hui est fracturé par les guerres et marqué par des polarisations idéologiques insoupçonnées et insoupçonnables. Et pourtant, le Christ est connu pour ses paroles performatives. Pourquoi en ce qui concerne la paix, ses paroles semblent sans effet ?

En effet, pour que la paix soit une réalité pour notre terre, l’homme peine à s’engager sur trois axes que lui prescrit le Seigneur: réconciliation avec Dieu, réconciliation avec soi‑même, réconciliation avec les autres. Saint Paul affirme que « le Christ est notre paix : de ce qui était divisé, il a fait une seule réalité » (cf. Ep 2,14). En faisant tomber le « mur de séparation », il ouvre la possibilité d’un vivre-ensemble qui n’est pas une simple juxtaposition, mais une communion. Or cette communion n’est pas d’abord un programme politique, mais une expérience ecclésiale au quotidien.

Dans la perspective de la Doctrine Sociale de l’Église, la paix est un « édifice à construire » qui suppose justice, vérité, liberté et amour. Le principe de subsidiarité rappelle que la paix se tisse à toutes les échelles: dans la grande diplomatie comme dans les plus humbles responsabilités familiales, paroissiales etc. Une paroisse qui ouvre par exemple ses portes aux plus pauvres, aux exilés et aux catéchumènes en recherche de Dieu, contribue déjà à cet édifice. Pâques vient précisément nous offrir la force intérieure pour tenir ces choix modestes mais décisifs.

Rendons grâce à Dieu pour les 13 234 adultes et 8 152 adolescents de l’Église de France (parmi lesquels 20 de notre belle paroisse de La Celle-Saint-Cloud) qui ont reçu la vie divine à travers l’eau du baptême en cette Pâques 2026. Prions pour qu’ensemble, nous consentions à nous laisser convertir par Celui qui, sortant du tombeau, continue de murmurer à chacun : « La paix soit avec vous ». Joyeux temps pascal à tous !!

Père Roger Gouma

 

2. Actualités de la paroisse

2.1. Pour qui et comment le Concile provincial ?

POUR QUI ?


Thème du concile : « Catéchumènes et néophytes, de nouvelles perspectives pour la vie de notre Eglise dans nos diocèses ».
Défi : accueillir, aider les nouveaux baptisés et confirmants toujours plus nombreux à trouver leur place dans nos paroisses, et les
accompagner dans leur vie chrétienne (pour plus d’informations : https://concileprovincial.fr/).

COMMENT ?

Le concile se compose de 3 grandes phases.
1. Consultation des néophytes, catéchumènes, accompagnateurs, prêtres et l’ensemble des paroissiens.
2. Délibération de l’assemblée conciliaire pour faire des propositions aux évêques à partir de la consultation.
3. Réception des décisions conciliaires dans chacun des diocèses.
La phase de consultation de la paroisse de La Celle Saint-Cloud a eu lieu le dimanche 22 mars à l’église ND de Beauregard.
3 thèmes ont été proposés aux participants.
1. Accueillir : « D’après vous, pour quelles raisons, aujourd’hui, de nombreuses personnes souhaitent-elles découvrir la foi
chrétienne ? »
2. Accompagner : « Qu’est-ce qui est indispensable pour réussir l’accueil, l’accompagnement et l’intégration des
catéchumènes, des nouveaux baptisés et confirmés ? »
3. Transformer : « A quels changements nous appelle la présence des catéchumènes et néophytes dans nos
communautés ? »
Des réponses aux questions ont été apportées par la conversation dans l’Esprit, qui permet que chacun se mette à l’écoute de ses
frères et sœurs et soit attentif à l’Esprit Saint.


Prière à l’Esprit Saint dite en ouverture de la conversation : « Viens, Esprit-Saint, habite nos conversations, notre écoute et nos
prises de parole. Sois sur nos lèvres, dans nos esprits et dans nos cœurs. Conduis-nous vers l’harmonie les uns avec les autres
et ouvre-nous à ta sagesse lorsque nous te rencontrons dans nos échanges. »


Dans cette conversation, chacun(e) exprime sa propre pensée, puis s’engage à écouter ce que l’autre dit et en tient compte, dans le
but de trouver une voie commune. Cela inclut donc, d’une part, de reconnaître les intuitions des personnes et leurs convergences et,
d’autre part, d’identifier les discordances.
Cet après-midi du dimanche 22 mars, qui a réuni plus de 60 participants, a été l’occasion de rencontres et d’échanges fructueux. Ont
participé avec enthousiasme et créativité des sympathisants, catéchumènes, néophytes et paroissiens de plus longue date.
De nombreuses idées variées ont pu être émises qui seront proposées pour la délibération de l’assemblée conciliaire, mais aussi au
niveau de notre paroisse.


La paroisse de La Celle Saint-Cloud témoigne ainsi de son dynamisme et de sa volonté de faire souffler l’Esprit Saint au
service d’une Eglise toujours plus accueillante.

2.2. Le nouveau chemin de croix à ND de Beauregard

Henri BOUCHARD est un sculpteur français né en 1875 à Dijon où il apprend à tailler la pierre et suit l’école des Beaux-Arts. Il quitte la Bourgogne en 1895 pour s’installer à Paris. Il obtient le grand prix de Rome en 1901. Dans le monde, on recense plus de 1 000 sculptures d’Henry BOUCHARD, dont des monuments aux morts, des décorations de tombes, de très grandes statues extérieures et des décorations de façades. Parmi ses œuvres, on peut mentionner les 4 évangélistes placés en haut du campanile de la basilique du Sacré-Cœur à Montmartre, 4 allégories du printemps animant la façade des magasins du Printemps à Paris, le fronton de l’église Saint Pierre de Chaillot dans le 16ème à Paris, la statue monumentale d’Apollon installée sur la terrasse du Palais de Chaillot.

Au démarrage de sa carrière, ses sculptures sont marquées par une recherche importante de réalisme. Au fil des années, son évolution l’amène vers un style plus dépouillé, avec l’objectif de diriger l’attention sur les visages qu’il traite alors de manière plus détaillée.

A ce jour, il existe 5 chemins de croix d’Henri BOUCHARD : trois dans des églises du Pas-de-Calais et deux à Paris dans l’Eglise de St Léon dans le 15ème et dans l’église de St Pierre de Chaillot dans le 16ème. Il en existe maintenant un sixième à La Celle-Saint-Cloud.

D’art décoratif et inspiré par les chapiteaux d’art roman, ce chemin de croix intemporel est volontairement figuratif pour nous permettre d’accompagner le Christ dans le cheminement de sa passion. Le nom des stations en facilite sa compréhension. Son dépouillement permet de se concentrer sur le message essentiel. Chaque visage très expressif reflète bien toutes les émotions des personnages qui portent notre prière et facilitent notre méditation. Ce chemin de croix est un aussi un véritable support de catéchèse.

Les moules sont détenus par les Ateliers d’Art Grand-Palais RMN (anciens ateliers du Louvre), établissement public installé à St Denis. C’est à eux que nous avons passé la commande en avril 2025. Les stations sont réalisées dans un matériau mélangeant « plâtre » et « résine », mélange plus solide qu’un simple plâtre, plus chaleureux et perméable qu’une simple résine.

Nous avons récupéré les 14 stations blanchâtres, brute de « démoulage ». C’est un paroissien qui en a réalisé la patine : le ton donné au support est celui de la pierre de Bourgogne, les auréoles sont dorées à la feuille d’or, les nuances des couleurs des visages, des corps et des vêtements apportent toute leur profondeur à chaque station et en facilitent leur lecture.

2.3. Recollection des Accompagnants des Familles en Deuil (AFD)

Une retraite annuelle pour notre équipe d’Accompagnement des Familles en Deuil, voilà une bonne occasion pour nous retrouver, réfléchir, prier dans un bel endroit avec notre accompagnateur spi : le Père Ronan. Cette année nous sommes partis à 18 à Troussures les 12 et 13 février. Le centre spirituel de Troussures est confié à la congrégation Saint-Jean.

Le thème de notre retraite était « Porter l’Espérance reçue au baptême ».

En 2 jours le père Ronan nous a fait 4 topos : la Croix, la Lumière, la Parole de Dieu, le Rite de l’eau. Il nous a « décortiqué » les rites du baptême, avec des références du Catéchisme de l’église catholique, de la Bible, des enseignements de nos papes afin de bien nourrir notre réflexion. Ces rites sont repris au moment de la cérémonie des obsèques. Cette formation très intéressante nous a permis d’approfondir nos connaissances pour toujours mieux accompagner les familles que nous recevons lors de la préparation d’une cérémonie d’obsèques d’un de leurs proches, avec ou sans eucharistie.

Il nous faut en effet, être à même de répondre à leurs interrogations, leurs doutes, leurs inquiétudes et ainsi porter un message d’Espérance à ces personnes/familles parfois bien loin de l’Eglise.

Ce temps que nous avons vécu tous ensemble, a été un temps de grâce dans nos vies bien remplies. Nous avons appris à mieux nous connaitre et il y a eu beaucoup de moments de joie et d’amitié.

C’est une belle mission d’évangélisation qui est confiée à toute notre équipe et nous sommes heureuses de l’accomplir avec sérieux, foi et joie.

2.4. « Sursum Corda ! Elevons les cœurs ! » : récollection des Servants de messes

Les 7 et 8 février dernier, les Servants d’autel de la paroisse sont retournés au Sanctuaire de Montligeon pour un week-end de prière, de formation et de jeux. Tout le week-end avait comme objectif la découverte du Sacré-Cœur. Même le grand jeu portait sur ce sujet !

Les Servants se sont trouvés téléportés au siècle dernier, pour enquêter sur des manuscrits du XVIIe siècle, prouvant l’apparition de Jésus à sainte Marguerite-Marie Alacoque.

Le point d’orgue de ces deux jours : la veillée d’adoration du Saint-Sacrement, dans la basilique. Une centaine de personnes priaient avec notre groupe lors de cette veillée. Les pèlerins présents l’ont remarqué : quelque chose se passe dans ce groupe. La sainteté ne tombe pas du ciel ; elle se forge dans ces veillées-là. Ce n’est pas un hasard : nos Servants se forment pour vous, et c’est tout le sens de leur devise, qu’ils commencent à bien connaître : « Sursum corda ! » ; « Élevons les cœurs ! ». On pourrait aussi traduire par « élevons notre cœur » comme à la messe, et de fait, c’est d’abord dans l’Eucharistie que le Seigneur lui-même vient élever nos cœurs.

Mais par leur service, les Servants espèrent bien aussi contribuer à cette élévation ! C’est pour cela qu’ils ont profité de ce séjour au sanctuaire de Montligeon pour approfondir leur formation liturgique et leur vie spirituelle. Si les Servants vous portent dans votre prière, n’hésitez pas à aller les remercier, car tout cet itinéraire spirituel trouvera son aboutissement le vendredi 12 juin, où le groupe sera solennellement consacré au Sacré-Cœur. Venez nombreux les accompagner dans cette étape !

3. Actualité de l’Eglise

Secours catholique : 80 ans d’actions, 80 ans d’évolution

Fondé le 8 septembre 1946, le Secours catholique est né pour répondre à la pauvreté de l’immédiat après-guerre et promouvoir une « contagion de la charité ». Depuis, il n’a cessé de grandir, en France et à l’international, pour lutter contre les causes des inégalités, défendre la dignité de chacun et construire une société plus fraternelle.

En 1947, le Secours Catholique lançait la “campagne pour les malades” et faisait des collectes pour les rescapés des camps de concentration. En 1948, l’association proposait aux enfants de partir 3 semaines dans des familles d’accueil.

80 ans plus tard, 58 000 bénévoles s’engagent pour lutter contre l’ensemble des causes de la pauvreté dans toutes ses dimensions, économiques, sociales…

Les champs d’actions se sont élargis au gré de l’évolution de la société et des besoins : de la maraude, à l’accompagnement scolaire, en passant par l’accès aux droits, au logement, à la mobilité ou l’accompagnement à la parentalité,

Les lieux d’accueil se sont multipliés. 2 500 lieux font vivre cette fraternité : accueils café, ateliers créatifs, épiceries solidaires, jardins partagés, ateliers de réparation de vélos, cuisines solidaires, …

A l’international, des partenariats long terme sont construits avec des acteurs de terrain.

A la Celle-Saint-Cloud, le Secours Catholique :

  • anime un accueil café tous les jeudi après-midi,
  • accueille et accompagne des familles vers l’accès aux droits et des aides financières si nécessaires, en lien avec les assistantes sociales,
  • anime un accompagnement scolaire pour des enfants du primaire et du collège,
  • organise des temps conviviaux pour tous.

Pour célébrer ces 80 ans d’engagement, nous organisons un grand repas partagé le dimanche 31 mai, dans les salles paroissiales.

Ce temps convivial réunira personnes accompagnées, bénévoles, partenaires et habitants et vous êtes tous les bienvenus.

Nous célèbrerons ensemble la fraternité vécue et nous renouvellerons ensemble cet élan de solidarité pour les prochaines années.

4. Coup de cœur sur les soins palliatifs : l’amour au bord du lac

Je sors de l’unité de soins palliatifs Notre-Dame-du-Lac à Rueil-Malmaison avec un sentiment rare : celui d’avoir approché une vérité humaine que le monde s’emploie d’ordinaire à taire. Là, rien ne fait semblant. La vie ne se raconte pas, elle se tient. Et cette tenue, cette retenue même, a la force d’une révélation. Car tout est lié si étroitement par une chaîne humaine qui va, du sourire de l’accueil aux infirmières, aux aides-soignants, aux psychologues, aux médecins, aux responsables administratifs, aux bénévoles et aux religieux, jusqu’aux patients et à leurs familles.

À chaque étape, le partage, l’écoute, l’échange. Rien qui ne soit laissé sans réponse : l’inquiétude, l’angoisse, la révolte, le dit et le non-dit… l’humanité fait le lien. Au défilé des chambres, le silence souvent, quelques chuchotements, de rares éclats de voix, mais toujours le sourire bienveillant, apaisant, de ceux qui dispensent les mille soins du quotidien. Ceux-là mêmes, qui indispensables, demeurent les invisibles de notre société, sans que cela altère leur engagement pour la dignité de l’autre. N’oublions jamais qu’ils sont souvent le dernier visage entrevu à l’instant du départ.

On entre souvent dans ces lieux avec inquiétude, des idées toutes faites, des images sombres, des réflexes de défense. On en sort autrement. Non parce que la souffrance y serait effacée, mais parce qu’elle y est regardée en face, sans théâtre. La douleur existe, la peur aussi, l’épuisement, les larmes, les silences qui pèsent. Rien n’est maquillé. Et pourtant, au milieu de cette nudité, on découvre que la fragilité n’est pas seulement une chute ; elle peut devenir un passage. Quand elle est reconnue, entourée, portée, elle cesse d’isoler. Elle fait lien.

Ce qui frappe, c’est la qualité de la présence d’un groupe de femmes et d’hommes, de professions, d’origines, d’expériences si diverses, mais rassemblés au chevet de notre humanité. Une présence qui ne se substitue pas à l’autre, qui ne confisque rien, qui n’impose ni discours ni fausse consolation. Juste la bonne distance, le bon geste, l’attention au détail. Ici, un regard qui ne détourne pas les yeux. Là, une main posée, non pour retenir la vie, mais pour dire : tu n’es pas seul. Et cette simplicité bouleverse parce qu’elle est exigeante. Elle demande du courage. Il faut une force intérieure singulière pour rester près de la mort qui s’approche, sans la fuir, sans vouloir la dominer, sans en être consumé.

Il y a aussi, dans cette Maison, une étrange leçon de langage. Le monde parle trop, crie trop, promet trop. Là, les mots sont rares, parce qu’ils coûtent. Ils ne servent plus à se protéger, à briller, à prendre le dessus. Ils servent à dire vrai, ou à se taire. La parole reprend son poids naturel. Et le silence, loin d’être un vide, devient un abri. Il n’efface pas la souffrance ; il la respecte. Il la tient.

On comprend alors que ce lieu n’est pas seulement un espace médical. C’est une société humaine, vivante, au sens le plus haut, le plus sobre : un endroit où l’on apprend ce que vaut une communauté quand elle renonce à humilier et choisit d’accompagner. C’est une école de dignité, qui n’est pas ici l’armure du fort, mais la lumière intacte d’une personne même quand elle ne peut plus se défendre.

Et cette expérience donne une lucidité nouvelle sur le monde. On mesure la violence de ce qui nous entoure, non seulement la violence des coups, mais celle, plus insidieuse, des postures, des simplifications, de l’indécence tranquille avec laquelle on exploite les blessures. On comprend ce que nous perdons quand nous transformons tout en spectacle, quand nous faisons de la fragilité une faiblesse à disqualifier, quand nous confondons le bruit avec la force. Dans une unité de soins palliatifs, devant le mystère du passage de la vie à la mort, le bruit, l’agitation deviennent indécents. L’arrogance devient grotesque et toute rancœur dérisoire.

On en sort avec une conscience plus nue, plus acérée de la vie, de son prix, de sa brièveté, de son mystère. On comprend que l’essentiel ne s’ajoute pas : il se révèle quand l’inutile tombe. Les rôles, les titres, les victoires d’ego, les querelles stériles, les ambitions qui rongent, tout cela s’éloigne. Ce qui reste, et qui résiste, c’est le lien. La capacité de dire « nous sommes là ». La capacité de ne pas mentir. La capacité de tenir la main sans s’approprier la peine.

Et peut-être la visite laisse-t-elle une dernière évidence, silencieuse, mais décisive : il n’y a pas, d’un côté, la vie, et de l’autre, sa fin. Il n’y a pas, d’un côté, la force, et de l’autre, la vulnérabilité. Tout est mêlé. Et ce mélange, s’il est accueilli, peut devenir une forme de grandeur. Non une grandeur héroïque, mais une grandeur humaine, simple, grave, fidèle.

On appelle cela l’amour, parfois, faute d’un mot plus juste. Mais c’est un amour sans rhétorique. Un amour qui ne promet pas d’épargner la souffrance. Un amour qui choisit seulement de ne pas laisser l’autre seul avec elle. C’est peu, et c’est immense. Et, en sortant de Notre-Dame-du-Lac, ou plutôt de cette Maison de l’amour au bord du lac, on regarde autrement le monde, la vie, la douleur. Un sourire est passé et cela suffit à changer la vie.

5. Coup de projecteur sur l’AED

L’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) soutient depuis 1947 les chrétiens dans le monde partout où ils sont persécutés, discriminés ou en situation de détresse matérielle.

En 2026, 413 millions de chrétiens sont empêchés de vivre leur foi librement. La persécution des chrétiens représente 75% de la persécution des minorités religieuses dans le monde.

Plus de 5 000 projets identifiés par le canal de l’Eglise catholique sont ainsi soutenus chaque année. Ces projets soutiennent l’action pastorale de l’Eglise ( construction d’églises, fourniture de moyens de transport, formation de séminaristes par exemple) ainsi que son action sociale et humanitaire (hôpitaux, écoles, centres de ravitaillement notamment) par le biais du soutien apporté aux congrégations qui exercent cette activité de charité. L’Eglise est dans bien des pays la seule institution encore viable et en capacité d’apporter ce soutien aux populations. Elle dispense ce soutien sans considération d’appartenance religieuse.

La mission de l’AED, fondation pontificale, est également d’informer et de sensibiliser l’opinion à la situation des chrétiens dans le monde. Elle réalise cette mission en organisant des conférences et des expositions notamment ou par des actions de sensibilisation comme l’éclairage en rouge de bâtiments lors de la Red Week ( 3ème semaine de novembre). La prière pour et avec les chrétiens en détresse est également partie intégrante de sa mission ainsi que la collecte permettant de soutenir concrètement les projets de l’Eglise.

6. Le saviez-vous ? Les Saintes sont « canons »

« Félicité et Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile, Anastasie » …

Dans la prière Eucharistique n° 1, pourquoi invoque-t-on sept saintes et qui sont-elles ? Probablement parce qu’elles étaient « canons », dans le sens « canonisable »… !

Cette prière eucharistique très ancienne fait place aux martyrs de l’époque romaine, dont les sept Saintes qui y sont mentionnées. Qui sont-elles ?

Saintes Félicité (vers 165 – 203) et Sainte Perpétue (vers 165 – 203) : Originaires de Carthage, Perpétue, issue d’une famille riche et Félicité, jeune esclave, font partie du même groupe de catéchumènes. L’empereur Septime Sévère (145 – 211) ayant interdit le christianisme, elles furent arrêtées, mises en prison. et moururent égorgées.

Sainte Agathe de Sicile (231 – 251) : Née au IIIème siècle à Catane en Sicile dans une famille noble, la légende veut qu’Agathe fût d’une très grande beauté (« canon ! »). Fervente chrétienne, elle avait décidé de consacrer sa virginité à Dieu. Or Quintien, le proconsul de Sicile, voulait l’épouser. Agathe ayant refusé ses avances, Quintien la fit jeter en prison et la fit torturer jusqu’à son décès..

Sainte Lucie ( ? – 13 décembre 304) : Originaire elle aussi de Sicile, sainte Lucie vécut à Syracuse au IIIe siècle. Elle fit secrètement le vœu d’une virginité perpétuelle dès l’enfance. Le jour où elle en informa sa mère, celle-ci lui annonça qu’elle l’avait déjà promise à un jeune homme qui furieux la dénonça comme chrétienne..Suite à de nombreux supplices, elle mourut en martyr. Son nom dérivé du latin lux fut associé à celui de la lumière et de la vue.

Sainte Agnès de Rome (291 – 21 janvier 304) : Agnès vécut à Rome au IIIe siècle. À l’âge de douze ans, elle rejeta les avances du fils du préfet très épris d’elle, lui déclarant qu’elle était chrétienne et promise à Jésus. Elle mourut égorgée. Une interprétation de son nom peut signifier « agneau » : c’est pourquoi elle est souvent représentée avec un agneau à ses pieds ou dans les bras.

Sainte Cécile (180 – 22 novembre 230) : Tout comme Agathe, Lucie et Agnès, Cécile naquit dans une famille noble et décida de se consacrer à Dieu en gardant sa virginité. Contrainte d’épouser un païen du nom de Valérien, elle lui demanda de respecter son vœu de chasteté et de se convertir. Tous deux vécurent alors chastement en effectuant de bonnes œuvres. Valérien mourut exécuté à cause de sa vie de foi. Peu après, Cécile fut condamnée à être décapitée. Selon la tradition, elle aurait entendu une musique venue du ciel en allant au martyre, et se serait mise à chanter en attendant les coups de hache. C’est pourquoi elle est devenue la sainte patronne des musiciens et des luthiers.

Sainte Anastasie (220 – 29 octobre250) : Issue de l’une des plus grandes familles de Rome, Anastasie fut elle aussi mariée contre son gré. Refusant de se soumettre au devoir conjugal, elle fut tenue enfermée par son mari qui la privait de presque toute nourriture. Mais il mourut le premier, et Anastasie put se consacrer aux plus pauvres et aux chrétiens persécutés. Exécutée sous le règne de l’empereur Dioclétien, elle est fêtée le 25 décembre. Sa mémoire est citée à la messe de l’aurore le matin de Noël.